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30.04.2008

L’affaire Aristote, chronique d’un scandale annoncé

Contrairement à une vulgate largement répandue, l’Occident chrétien ne doit pas la découverte et la transmission de la pensée grecque ancienne aux Arabes musulmans mais aux chrétiens d’Orient. Telle est, à gros traits, la conviction que l’on retire après avoir lu Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne (282 pages, 21 euros, Seuil). La thèse n’est pas nouvelle, elle est même archaïque puisqu’à la fin du XIXème et au début du XXème, elle rencontrait un certain succès. Sauf que depuis, la recherche savante a fait des progrès. Paru au début du mois dernier, le livre a aussitôt suscité colère et indignation du côté des médiévistes. Le ton est vite monté. Une “affaire” est en train de naître dans les milieux universitaire, intellectuel et éditorial car, on le devine, cette révision de l’Histoire a bien une dimension politique. L’homme par qui le scandale est arrivé s’appelle Sylvain Gouguenheim. Professeur d’histoire médiévale à l’Ecole Normale supérieure de Lyon, il est un spécialiste des chevaliers teutoniques, de la mystique rhénane ainsi que des croisades sur l’histoire desquelles il travaille actuellement. L’affaire a pris véritablement son envol le 3 avril lorsque lui fut consacré un important article le légitimant dans Le Monde des livres.Dès lors, les médiévistes se donnèrent le mot pour faire un tir de barrage contre ce qu’ils tiennent pour un méchant pamphlet moins innocent qu’il n’y paraît. Ils ont fait circuler tribunes libres, droits de réponse et pétition. Evidemment pas pour le faire interdire mais pour marquer le coup, appeler le lecteur à la vigilance et dénoncer l’opération.

     Ce qui lui est reproché ? De présenter comme inconnu ce qui était déjà bien connu : à savoir le rôle joué par Jacques de Venise et les moines de l’abbaye du Mont-Saint-Michel dans la traduction des textes grecs en latin. De monter en épingle une prétendue vulgate (L’Europe doit ses savoirs à l’Islam) pour mieux la réfuter alors que nul historien sérieux ne prétend rien de tel. D’être aussi systématiquement bienveillant avec ses sources latines qu’il est méfiant avec ses sources arabes. De faire du miracle grec le soleil de la raison et l’absolu critère de la hiérarchie des civilisations. De surévaluer le rôle du monde byzantin. De prétendre révéler le rôle de Hunayn ibn Ishaq, traducteur du grec au IXème siècle, alors que l’importance de cet Arabe chrétien a maintes fois été étudiée. De se tromper en affirmant que Jean de Salisbury a fait oeuvre de commentateur, ou que les Syriaques ont traduit l’Organon dans son intégralité. D’emprunter son titre à un article de C. Viola paru en 1967. De dévaluer la production savante des arabo-musulmans, en mathématiques et en astronomie notamment, entre le IX et le XIIIème siècle. De mêler fondamentalisme musulman et civilisation de l’Islam. De postuler que par principe la pensée arabo-musulmane était incapable de rationaliser tant elle était bloquée par la Parole révélée du Coran. D’ignorer (ou de le feindre) qu’au Moyen-Age “Aristote” désignait tant le texte du philosophe que celui de son commentateur Averroès (ainsi qu’Avicenne et Algazel) absolument liés. De ne pas voir que les Arabo-musulmans n’ont pas simplement transmis mais réinventé Aristote. De ne pas voir que sans Cordoue, les Lumières à Paris et Berlin n’auraient pu recevoir l’héritage grec et romain comme elles l’ont reçu. D’être aussi péremptoire dans ses conclusions alors qu’il ignore tant le grec que l’arabe. D’ignorer tant dans sa bibliographie que dans ses remerciements d’éminents spécialistes de la philosophie médiévale qui contredisent ses thèses. D’en inclure d’autres en revanche bien en cour sur les sites islamophobes. De confondre à dessein ”musulman” et “islamique”, autrement dit religion et civilisation. De dévoyer sa fonction d’historien et d’être au fond un idéologue gouverné par la peur et l’esprit de repli.

   Voilà condensés les reproches et accusations, vivement énoncés, que l’on trouve sous la plume de ses collègues Gabriel Martinez-Gros et Julien Loiseau, du philosophe Alain de Libera, de l’historienne Hélène Bellosta et de dizaines de chercheurs français (la France compte plus de 600 médiévistes en activité !) et étrangers (c’est assez exceptionnel pour être remarqué, l’affaire Toaff n’ayant pas été aussi immédiatement internationale) qui ont signé une “pétition” à sa suite. Certaines de ces réactions ont été partiellement publiées, d’autres me sont parvenues directement dans leur intégralité, de même que d’autres encore qui devraient paraître dans les jours prochains du côté de Libération notamment. Des enseignants de l’Ecole Normale supérieure doivent signer un texte collectif. Un hourvari qui n’aurait pas lieu d’être si ce livre ne jouissait pas de deux instances de validation enviables pour un travail aussi contestable : l’Ecole Normale supérieure de Lyon et la non moins prestigieuse collection “L’Univers historique” au Seuil. Il n’y a pas d’autre “clé” à chercher (comme le croit la responsable éditoriale du livre) dans l’unanime virulence des réactions à cette publication. Ni jalousie, ni complot. Ni même corporatisme puisque l’intéressé appartient à la corporation, même s’il a mené cette recherche en dehors d’elle (séminaires, colloques etc) à l’égal d’un franc-tireur.

    Dans un long texte particulièrement mordant, Alain de Libera, spécialiste de philosophie médiévale et directeur de collection au Seuil, écrit notamment :”Vue dans la perspective de la translatio studiorum,l’hypothèse du Mont-Saint-Michel, “chaînon manquant dans l’histoire du passage de la philosophie aristotélicienne du monde grec au monde latin” hâtivement célébrée par l’islamophobie ordinaire, a autant d’importance que la réévaluation du rôle de l’authentique Mère Poulard dans l’histoire de l’omelette”. D’autres universitaires, collègues de Sylvain Gouguenheim, préfèrent relever dans le dernier chapitre de son livre ce qui y flatte un tendance bien actuelle : une certaine jubilation dans sa manière de conclure sur l’impossibilité ontologique de tout échange culturel entre les civilisations. On n’est même pas dans leur affrontement, comme chez Samuel Huntington. Car si celui-ci offre un choix politique entre deux camps, Gouguenheim n’en offre aucun : nous sommes européens, donc chrétiens, donc grecs. Partant, notre histoire est donc inconciliable avec quatorze siècles d’Islam qui n’ont mené à rien. CQFD.

    Les reproches dont on l’accable, l’intéressé s’en défend naturellement. Il se dit “bouleversé” par la violence de la campagne dont il est l’objet, dénonçant le procès d’intention à son endroit et excipant de sa naïveté lorsque sont mis à jour les relais idéologiques dont son travail a bénéficié. Car la polémique a atteint une telle ampleur que certains de ses détracteurs ont fouillé la Toile pour y trouver les preuves de collusion qu’ils soupçonnaient. Non seulement le site Occidentalis a publié les “bonnes feuilles” de ce livre neuf mois avant sa parution, alors qu’il était encore à l’état de manuscrit, mais Sylvain Gouguenheim a semble-t-il posté des commentaires, nettement plus vifs et directs que dans son livre, pour défendre la même thèse (le rôle de l’Islam dans la transmission du savoir gréco-latin à l’Occident est un mythe) sur le blog d’Occidentalis, site d’”islamovigilance”, et sur Amazon.fr, commentaires signés “Sylvain G.”… Encore reste-t-il à établir s’il s’agit bien de lui et non d’un provocateur ayant parfaitement épousé sa rhétorique. La critique triomphaliste du Figaro littéraire ne fut certainement pas pour lui déplaire même si elle peut être embarrassante tant elle dévoile clairement le véritable enjeu de son ouvrage :“Félicitons M.Gouguenheim de n’avoir pas craint de rappeler qu’il y eut bien un creuset chrétien médiéval, fruit des héritages d’Athènes et de Jérusalem. Alors que l’islam ne devait guère proposer son savoir aux Occidentaux, c’est bien cette rencontre, à laquelle on doit ajouter le legs romain, qui “a créé, nous dit Benoît XVI, l’Europe et reste le fondement de ce que, à juste titre, on appelle l’Europe”.

   S’il y a un homme dont on aimerait connaître la réaction à toutes les facettes de cette affaire, c’est bien Michel Chodkiewicz, traducteur des écrits spirituels de l’Emir Abd-el-Kader, commentateur inspiré de Ibn ‘Arabi et ancien président des éditions du Seuil. Lui n’aurait certainement jamais publié Aristote au Mont-Saint-Michel, non plus que l’historien Michel Winock qui dirigeait alors “L’univers historique” fondé avec Jacques Julliard. Le comble, c’est que rien n’atteste que Jacques de Venise ait jamais mis les pieds dans cette abbaye ! Il eut peut-être fallu commencer par là.

P.S. Hommage soit rendu à Losfeld et Pseudofurgole, deux commentateurs de la “République des livres” qui, très tôt, m’ont enjoint de lire ce livre, mais peut-être pas pour parvenir à de telles conclusions…

 Pierre Assouline - La République des Livres

 

Dois-je préciser le pedigree de Gouguenheim plus avant ?

27.04.2008

Le Mossad soutinent-il Mugabe ?

Une petite startup israélienne s’est retrouvée embarquée dans une tempête politique à l’occasion des récentes élections au Zimbabwé, après que le président, en place depuis 28 ans, Robert Mugabe, a été accusé d’avoir essayé d’utiliser son logiciel pour manipuler les votes.

La startup Cogniview, basée en Israël et spécialisée dans les logiciels de conversion de données, a été accusée par le journal “Zimbabwe Online” d’avoir fourni un logiciel capable de modifier les fichiers PDF au parti de Mugabe, Zanu, qui lui aurait permis de changer les listes électorales et de manipuler les votes en sa faveur. Le journal accuse également la compagnie de travailler pour les services secrets israéliens, le Mossad, pour garder Mugabe au pouvoir.

 

24/04/2008 - VoxNR 

22.04.2008

On nous prend pour des cons 2


Dans la série: "on nous prend pour des cons"

 

16.04.2008

L'embelie France-Israël

Le sénateur, Philippe Richert, était récemment l’invité de la délégation régionale du CRIF-Alsace. Lors d’un petit déjeuner, il a fait remarquer que « la France est de retour dans le cercle intime des grands amis d’Israël ». L’ « état d’esprit » a changé, notamment au Quai d’Orsay et dans les milieux économiques : « Désormais, les grandes entreprises françaises vont toutes seules en Israël. » Le vice-président du sénat a rappelé la nécessité d’un « Eta palestinien viable » et exprimé son inquiétude face à la « menace » qu’est l’Iran pour la « stabilité du monde ». Il a également appelé à aider la Syrie « à se normaliser ».

Haïm Musicant, le directeur général du CRIF, également présent, a annoncé qu’un colloque international en mai à Tel-Aviv commémorerait les soixante ans de relations entre la France et Israël.

no-media.info - 11/04/2008 

15.04.2008

Fillon vigilant face à la banalisation de l'antisémitisme

François Fillon a promis ce soir que la vigilance de la France face à la banalisation de l'antisémitisme "ne faiblirait jamais" et qu'elle resterait "combative". S'exprimant dans la grande synagogue parisienne de la Victoire à l'occasion du bicentenaire des consistoires israélites, le Premier ministre a souligné la "baisse sensible de la violence antisémite" enregistrée en 2007.

"Au-delà des chiffres, notre vigilance face à une forme de banalisation de l'antisémitisme ne faiblit pas et ne faiblira jamais", a-t-il dit. "Elle reste entière et elle reste combative". Il s'est notamment engagé à "lutter contre tous les préjugés et (...) contre toutes les discriminations, et ceci dès le plus jeune âge et par tous les moyens".

14.04.2008

Les tribulations sionistes en Afrique

Le 25 février 2008, le Mouvement de Libération du Soudan a annoncé l’ouverture de ses bureaux à Tel Aviv. Le mouvement rebelle du Darfour dirigé par Abdel Wahid Al Nour a déclaré à cette occasion qu’étant donné que le gouvernement israélien avait protégé des jeunes Soudanais du Darfour d’un génocide certain, il était temps qu’une représentation pour les réfugiés soudanais soit présente en Israël.

En espérant acquérir de la respectabilité et de la notoriété à l’échelle internationale, Abdel Wahid Al Nour révèle ses accointances. La faction séparatiste est depuis toujours soutenue par le Lobby étasunien et l’installation d’une officine à demeure dans l’entité sioniste est le pas qui met le SLM (Mouvement de Libération du Soudan) en rapport direct avec ses financiers.

Al Nur se place sous autorité israélienne pour revendiquer une vision libérale et sécularisée de l’État du Soudan.Pendant les années de guerre civile quand le Sud menait sa guérilla pour la sécession, le Darfour fournissait abondamment des soldats pour l’infanterie du gouvernement central religieux de Khartoum, loin de toute idée de laïcité revendiquée alors par les séparatistes de l’époque. Dans ces années, Israël soutenait les séparatistes du Sud, logistiquement et financièrement, et c’est en raison d’accords secrets entre le Président de l’époque Jâafr Al Numeiri et l’équipe dirigeante de l’entité sioniste que les architectes de la rébellion du Sud furent contraints de s’asseoir à la table de négociation.

La Coalition Save Darfour basée aux US(a) et composée quasi-exclusivement de groupes confessionnels juifs, le reste étant représenté par quelques évangélistes sionistes, s’est promis de mettre à profit le passage de la flamme olympique pour dénoncer la complicité de la Chine dans le « génocide » du Darfour. Quelques activistes de Save Darfour ont rejoint les défenseurs du Tibet le 9 avril à San Francisco. Parmi eux, Ruth Messinger la présidente de « American Jewish Service » branche de New York. Le rabbin Lee Bycel, président de AJS pour la région ouest faisait partie de la manifestation. Ce chef religieux est allé de nombreuses fois au Tchad dans des camps de réfugiés.

Les implications de la très démocratique et occidentale entité sioniste en Afrique excèdent la coopération tristement célèbre entre Israël et l’État de l’apartheid d’Afrique du Sud, les Israéliens faisaient leur profit en contournant le boycott international opposé au régime banni du Cap.

Des universitaires proches du candidat d’opposition Simba Makoni au Zimbabwe avaient dénoncé en mars avant même la tenue des élections l’arrivée d’équipes israéliennes (et pakistanaises) à Harare pour aider à installer un climat de terreur parmi la population et truquer les élections. Mugabe a payé 2,5 millions de dollars une firme Cogniview en lien avec le Mossad pour assurer la maîtrise de toute rébellion populaire après l’annonce des résultats en coopération avec les forces de sécurité locales. Elle s’est assurée de la maîtrise du déroulement des élections et a trafiqué les listes électorales et fourni des bulletins surnuméraires à placer dans les urnes.

La politique d’intervention africaine d’Israël depuis l’Angola, à la République Démocratique du Congo, au Rwanda, à la Sierra Leone en passant par la République de Centre Afrique et la Côte d’Ivoire, sert les intérêts stratégiques des deux alliés US(a)-Israël et l’économie israélienne n’est pas en reste.

La Gesrtler’s International Diamond Industry qui détient le monopole du diamant congolais a fourni une assistance militaire à la République Démocratique du Congo au travers de personnel conseil comme le Général en retraite Yosi Ben Hanan, Avigdor Lieberman député du parti Yisrael Beytenu et Yossi Kamisa ancien officier de la police anti-terroriste. Le grand-père des frères Gertler, de ce même groupe Dan Gertler Israel (DGI) Moshe Schnitzer est connu en Israël sous le nom de M. Diamant. Dans sa jeunesse, Schnitzer faisait partie du groupe terroriste Irgoun qui a assassiné entre autres victimes l’envoyé de la Croix Rouge en Palestine, le comte Bernadotte. Il a fondé la bourse d’échange du diamant en Israël qui procure 13 milliards de dollars au PIB israélien par an et représente la deuxième plus importante industrie exportatrice de l’entité sioniste.

D’après un rapport publié par l’American Jewish Committee, les diplomates israéliens ont été remplacés après les années 80 par un petit groupe d’hommes d’affaires, d’agents du Mossad et d’émissaires militaires qui sont devenus les seuls interlocuteurs des leaders africains. Des anciens officiers de l’armée israélienne, comme Yair Klein recherché par le FBI pour avoir entraîné les milices du cartel de Medelin en Colombie, sont devenus des trafiquants d’armes à l’échelle de tout le continent africain, répandant le sang qui tâche les matières premières, coltran, diamant, uranium et pétrole.

Pourquoi retrouve-t-on toujours l’artefact du côté des fauteurs de troubles, de guerre et de crime ?
 
Convergence des Causes (13 avril 2008) sur VoxNR - 14/04/2008

Obama ouvre un blog en hebreux

Poisson d’Avril à retardement ? Incroyable mais vrai. Le candidat Obama lance un blog en hébreu alors que les israéliens n’ont bien entendu aucun droit de vote aux USA. La raison est simple : amadouer l’électorat juif aux Etats-Unis.

Selon La Tribune : “Barack Obama, candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine, vient de lancer un blog en hébreu en Israël.

Le sénateur noir de l’Illinois cherche ainsi à renforcer les liens avec le public israélien, a expliqué son conseiller Eric Lynn.

Ce blog, ouvert vendredi, propose un discours de M. Obama devant un lobby pro-israélien prononcé en mars dernier.

Selon le quotidien israélien “Yediot Ahronot”, l’équipe de campagne Obama voulait que ce blog ouvre avant la primaire démocrate du 22 avril prochain en Pennsylvanie, un Etat qui compte une grosse communauté juive”.

 

14/04/2008 - no-media.info

Et... P.A.F.

J'ai trouvé cette video drôlatique chez nos camarades Intransigeants. Petit relais ici, histoire de propager l'hilarité.

10.04.2008

Geert Wilders

Le jeune Wilders, né en 1963 à Venlo dans le sud-ouest des Pays-Bas, a passé, après ses études secondaires, plusieurs mois dans un moshav, un village agricole israélien. Sa proximité avec Israël «la seule démocratie au Moyen-Orient», répète-t-il est un fort antidote qui le prémunit de l'ex trême droite européenne.

Le Figaro, 28 mars 2008

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